Mes formules sacrées

par Annie Cloutier

  1. Vivre, c’est être utile aux autres. (Sénèque)

Penser d’abord à sa communauté, à son mari, à ses enfants. Puis penser au sens. À soi.

  1. Well Behaved Women Rarely Make History. (Laurel Thatcher Ulrich)

Prendre la parole. Faire du bruit. Défendre ses opinions. Même (surtout) si on est une femme. (Voir Pascale Navarro.)

  1. Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse.

À l’école, quand j’étais petite, on m’a inculqué une religion centrée sur l’amour, le respect, la tolérance et la paix. Ne pas faire aux autres ce que je ne voudrais pas qu’on me fasse m’a marquée pour la vie. J’y reviens sans arrêt. Sur les réseaux sociaux, notamment, avant de répondre vertement à des opinions qui me braquent. Mais surtout dans ma vie privée : je traite mon mari et mes enfants comme je désire qu’ils me traitent. Avec un amour inconditionnel et toute ma fidélité.

  1. Just because you’re offended, doesn’t mean you’re right.

« Tu es confrontante » et « tu me fais de la peine » ne sont pas des réponses recevables à des arguments rationnels énoncés de bonne foi. Elles camouflent mal, la plupart du temps, une réflexion bâclée.

  1. Be kind to unkind people. They need it the most.

Nous sommes désagréables et nous attaquons lorsque nous souffrons. Ce dont nous avons alors besoin est de gentillesse et de compréhension. C’est vrai pour nous… et pour les autres aussi.

  1. L’amour est un choix. Non un coup du destin.

« Tomber en amour » est une illusion. Tant l’amour passion des premiers jours que l’amour profond des années qui suivent est un choix qu’on fait et refait constamment. « Succomber » à l’infidélité est une décision.

Voir Illouz, Ricard, Fredrickson.

  1. « Annule. »

Ma grande amie Alexandra Fortier me répète ceci depuis au moins vingt ans. Ça veut dire : « Si une pensée négative te vient à ton propre sujet, détruis-la immédiatement. » Nous sommes ce que nous pensons… jusqu’à un certain point du moins. Ce n’est pas l’ésotérisme, mais plutôt la science qui, de mieux en mieux, éclaircit ce phénomène. (Voir Hustvedt, Ricard et Parks.) Vous pouvez lire Alexandra ici.

  1. On ne peut regretter, sur son lit de mort, d’avoir trop aimé.

Mais on peut regretter d’avoir trop travaillé. C’est peut-être ma croyance la plus « populaire », la plus simpliste, la plus controversée… et la plus profondément ancrée.

  1. People will love you. People will hate you. None of it will have anything to do with you. (Abraham Hicks)                .

Je me suis expliquée ici à ce sujet.

10. I love everything you hate about yourself.

C’est ce que mon mari, l’homme de ma vie, me répète lorsque ça file moins fort. Mon ton, mes hésitations, mon poids : il aime tout, il prend tout, inconditionnellement. Son amour, à plusieurs reprises au fil des ans, a pris le relais de mon estime de moi lorsque ça n’allait pas. Je ne peux pas baisser les bras avec un tel homme auprès de moi.

11. I can. I will. End of story.

Je ne suis certainement pas très ambitieuse. Je me trouve, la plupart du temps, satisfaite et heureuse d’aligner quelques mots derrière mon ordinateur. Mais viennent des moments où il me faut accomplir des choses qui me paraissent terrifiantes. Mon doctorat, notamment. Alors je ferme les yeux et me répète ces mots :

« Je le peux. Je le veux. Je le fais. Ça finit là. »

12. In vain I have struggled. It will not do. My feelings will not be repressed. You must allow me to tell you how ardently I admire and love you. (Jane Austen)

La plus belle déclaration d’amour jamais consignée sur papier. Ah! Mr. Darcy… (Soupir.)

13. On va toujours trop loin pour des gens qui ne vont nulle part. (Pierre Falardeau)

Mes difficultés et mes frustrations de citoyenne engagée s’apaisent lorsque je me rappelle cette constatation d’un des plus grands passionnés de justice et de liberté que le Québec ait connu. (Non, son ton n’était pas toujours « le bon ».)

14. Je t’aime jusqu’à la lune et retour. (Sam Mc Bratney)

Oh! mes petits, mes garçons, mes merveilleux chatons. Ils ont grandi, oublié, ils foncent vers l’avenir, et moi je conserve au cœur l’intimité des moments minuscules et nombreux qui ont tissé le bonheur fou de leur enfance dans ma proximité.

15. If all else fails, try higher heels.

Il n’y a rien comme les bottes à talons pour remettre l’univers à sa place… en désespoir de cause, lorsque les bonnes intentions et la réflexion ne suffisent plus, évidemment. 🙂

Bottes à talons

 *

Alberoni, Francesco (1994 [1981]). Le choc amoureux, Paris, Ramsay.

Austen, Jane (2003 [1813]). Pride and Prejudice, Londres, Penguin Books.

Fredrickson, Barbara (2013). Love 2.0, New York, Plume.

Hustvedt, Siri (2010). La femme qui tremble. Une histoire de mes nerfs, Paris, Actes Sud/Leméac.

Illouz, Eva (2012). Pourquoi l’amour fait mal. L’expérience amoureuse dans la modernité, Paris, Seuil.

Navarro, Pascale (2002). Pour en finir avec la modestie féminine, Montréal, Boréal.

Mc Bratney, Sam et Anita Jeram (2004). Devine combien je t’aime, Paris, Pastel.

Parks, Tim (2012). Le calme retrouvé, Avignon, Actes Sud.

Ricard, Matthieu (2013). Plaidoyer pour l’altruisme. La force de la bienveillance, Paris, NiL.

Mon tableau « Mantras » sur Pinterest.

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