Pour un enseignement de l’anglais efficace, respectueux et raisonnable : plaidoyer en 15 points

par Annie Cloutier

N.B. : Quelques commentaires suite à la publication au rapport publié par l’ENAP au sujet de l’anglais intensif avant-hier. Pour l’instant, je vous réfère à cet article, en vous suggérant de porter votre attention sur trois éléments importants :

  • « Pour mesurer les effets de l’anglais intensif sur les apprentissages, l’équipe de recherche ne s’est pas basée sur les résultats des élèves mais plutôt sur des sondages d’opinion auprès d’enseignants, de parents et de directeurs d’école. » (Problème majeur de méthodologie en vue, selon moi.)
  • « Concernant les élèves en difficulté, d’autres recherches doivent être faites pour mieux mesurer l’impact de l’anglais intensif sur leur réussite (…). » (Je souligne.)
  • « Présentement, 12 % des écoles offrent l’anglais intensif, mais deux élèves sur cinq sont sélectionnés, selon le rapport. » (Autrement dit, si je comprends bien, l’étude de l’ENAP a porté sur une très faible minorité d’écoles très motivées à implanter le programme et 40 % des élèves dont la réussite a été commentée – et non pas mesurée – par les parents, les professeurs ou les directeurs d’école étaient des élèves qui ont fait l’objet d’une sélection pour suivre le programme. Problème majeur d’échantillonnage en vue, à mon avis.)

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Le 26 avril dernier, le nouveau ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Yves Bolduc, annonçait sa volonté de rendre l’enseignement de l’anglais intensif en sixième année de nouveau obligatoire pour tous les élèves du Québec. Le débat, depuis, a repris de plus belle. C’est un dossier que je connais bien et que je suis de près depuis 2011. Lors de l’annonce du projet par Jean Charest, en février 2011, j’ai d’abord été plutôt réceptive. Je reconnais évidemment l’importance de l’apprentissage de l’anglais. Mais plusieurs éléments m’ont alors échappé. Par exemple, le fait que la loi 101 ne permet pas l’apprentissage en anglais dans des matières autres que l’anglais. On ne peut donc pas enseigner les mathématiques, l’histoire ou les sciences dans cette langue. C’est pourquoi l’anglais intensif exige de voir la totalité du programme de sixième année en une demi-année.

Je n’ai pas immédiatement saisi, non plus, l’effort ahurissant qui est exigé de la part des enseignantes et enseignants de sixième année dans un tel contexte. Je pense que nous devons nous questionner au sujet de la valeur que nous accordons collectivement au métier d’enseignant et de notre propension à exiger toujours plus d’eux.

Je ne savais pas qu’il n’existe que très peu d’information, à l’heure actuelle, au sujet du contenu du programme d’anglais intensif, ses modalités, ses objectifs, son matériel pédagogique, son mode d’évaluation et ses conditions d’enseignement. En pratique, dès lors, l’essentiel de l' »intensivité » consiste le plus souvent à faire converser les enfants. Pas étonnant qu’au bout de cinq mois de ce régime, ils nous semblent si avancés! La plupart des élèves soumis à l’anglais intensif conversent effectivement en anglais avec un certain brio. Mais en termes de connaissances grammaticales, d’orthographe et d’écriture, les acquis sont moins reluisants.

En dehors de l’île de Montréal et de certaines régions précises du Québec, ces compétences conversationnelles n’ayant que peu de chance de servir au quotidien dans l’immédiat, elles diminuent rapidement dans les mois qui suivent la fin du programme.

Étant donné le manque probable de soutien et de matériel pédagogique et les longues heures d’enseignement d’une seule et même matière, plusieurs enseignantes et enseignants recourent aux documents audio et vidéo afin de ne pas perdre l’attention des enfants, voire de susciter leur aversion pour cette dose massive d’anglais. Les enfants adorent les films et les gadgets techno, c’est entendu. Mais tout le monde peut proposer à ses enfants de jouer à des jeux vidéos en anglais, de regarder des films en anglais ou d’écouter de la musique en anglais à la maison. Nul besoin de sacrifier l’enseignement du français et des autres matières pour atteindre un plus haut degré d’exposition à l’anglais.

Je suppose que je ne suis pas la seule à avoir d’abord mal compris les tenants et les aboutissants de l’anglais intensif. C’est pourquoi je me propose aujourd’hui de faire oeuvre utile en assemblant les principales considérations s’y rapportant dans un seul article :

1. Impact sur l’organisation des classes et sur la charge de travail de l’enseignant titulaire

En régime d’anglais intensif, dans les écoles comportants deux classes de sixième année, un seul titulaire de sixième année a la charge de deux groupes différents dans une même année, soit 52 élèves au lieu de 26. Non seulement ce titulaire doit-il enseigner le programme actuel à deux fois plus d’élèves qu’auparavant, mais il doit le faire dans un temps réduit de moitié. L’anglais intensif a nécessairement un impact négatif sur les conditions d’enseignement : la qualité d’enseignement, le rythme d’apprentissage et la qualité du suivi des élèves par l’enseignant titulaire sont nécessairement affectés. L’enseignant titulaire dispose de moins de temps et d’énergie pour connaître chaque élève, ainsi que pour déceler ou corriger des problèmes d’apprentissage.

Il dispose également moins de temps et d’énergie à consacrer au suivi auprès des parents.

(Note : lors qu’il n’y a qu’une seule classe de sixième année dans une école, le titulaire peut être obligé d’enseigner dans deux écoles différentes pour compléter sa charge.)

Dans ces conditions, une désertion des enseignants de sixième année d’expérience n’est pas irréaliste. Le phénomène aurait été observé dès 2012 dans certaines écoles ayant implanté le programme. De manière disproportionnée, les postes de sixième année y seraient dorénavant occupés par des enseignants à statut précaire.

2. Fragilisation des matières de base

L’enseignement du français, des mathématiques, de l’univers social et des sciences sera réalisé sur une période équivalant cinq mois plutôt que sur une période de dix mois. L’enseignant de sixième année devra donc compresser les notions des matières de base afin de voir le programme en deux fois moins de temps. Comment? En accélérant le rythme, en «coupant» certaines notions, en supprimant plusieurs projets spéciaux si motivants pour les enfants.

Évidemment, si on conçoit l’école comme un lieu de course, de bourrage de crâne et de performance, l’idée peut être séduisante. Par contre, si, d’abord et avant tout, on considère l’école comme un milieu de vie, de socialisation, de bien-être et d’équilibre pour nos enfants, cette accélération du rythme d’apprentissage n’est pas rassurante. Personnellement, je ne souhaite pas enseigner à mes enfants à courir sans fin et à surplanifier leurs journées tout au long de leur vie.

Le plus probable est que la plupart des enseignantes et des enseignants, faute de mieux, auront recours à un amalgame de trois maux : rythme accéléré, coupure dans les temps sociaux et réduction de la matière.

Le MELS et certains militants pro-anglais intensif ont commencé à brandir des études qui démontrent, à leur avis, que l’anglais intensif n’a que peu, voire pas, d’impact sur les résultats dans les autres matières.

Attention, ici.

Il est, d’une part, beaucoup trop tôt pour affirmer une telle chose de façon péremptoire. Qui commande les études? Qui en analyse les résultats? Aucune étude de suivi de cohorte n’a été réalisée pour l’instant. De plus, une partie des études mentionnées par le MELS concerne des programmes d’immersion et non d’anglais intensif.

Difficile, par ailleurs, de croire que les enseignants pourront faire autrement que de réajuster les examens en fonction de la matière qui a été vue en classe. Les élèves obtiendront peut-être les mêmes résultats qu’auparavant, mais on pourra se demander si ces moyennes flamboyantes reflèteront une qualité et une quantité moindres d’apprentissages.

Finalement, afin de préserver cette apparence de résultats mirobolants, les exigences du MELS sont-elles/seront-elles révisées à la baisse?

Il semble que la réponse à cette question soit déjà oui.

Comment, du reste, pourrait-il en être autrement? On ne peut consacrer une demi-année à la fois à l’anglais et aux autres matières en même temps! Accepter sans les questionner les prétentions selon lesquelles un programme intensif n’a pas d’impacts majeurs sur ce qu’il dérange, bouscule et repousse aux confins d’un programme d’apprentissage confine à la pensée magique. On en est à se demander pourquoi nous envoyons nos enfants à l’école des années entières si l’ensemble du programme peut être enseigné en moitié moins d’efforts et de temps.

anglais intensif

3. Fragilisation du français

La maîtrise du français est déjà fragile dans l’ensemble de la population québécoise et son enseignement fait l’objet de nombreuses préoccupations.

Bien que le français ne soit pas la seule matière susceptible d’être affectée par l’anglais intensif, tout ce qui peut en détériorer l’enseignement doit être envisagé avec la plus grande vigilance. La maîtrise d’une langue maternelle constitue non seulement un a priori incontournable pour qui veut penser, réfléchir, opérer des choix, se comprendre et participer à la vie de sa société, mais elle joue également un rôle primordial dans le maintien, l’enrichissement et la transmission de la culture d’une société. Sans français, pas de Québécois francophones. C’est aussi simple que cela.

4. Impact sur les élèves éprouvant déjà des difficultés d’apprentissage

L’implantation de l’anglais intensif impliquera nécessairement une augmentation de la charge de travail de tous les enfants qui devront subir un enseignement intensif des matières de base. Il y aura des impacts sur le rythme actuel d’apprentissage et la qualité de vie de tous les enfants, mais davantage pour les enfants qui éprouvent certaines difficultés et qui bénéficient déjà d’un soutien pédagogique pour réussir à suivre le rythme de la classe. Comment envisage-t-on d’augmenter les ressources pour ces enfants, sachant que des compressions supplémentaires sont exigées des commissions scolaires?

Dans le cas particulier des enfants dyslexiques, a-t-on prévu de leur donner accès à des orthopédagogues spécialisés dans le développement des habiletés de lecture et d’écriture en anglais? L’irrégularité de la langue anglaise entraînerait en effet, chez les élèves dyslexiques, des difficultés accrues.

Nous ne disposons, à ce jour, d’aucune information quant aux solutions envisagées pour aider les élèves qui éprouvent déjà des difficultés d’apprentissage alors qu’ils devront acquérir les mêmes compétences dans les matières de base en moitié moins de temps.  En plus de leurs résultats scolaires, l’anglais intensif affectera-t-il leur estime d’eux-mêmes, leur qualité de vie, la quantité de travail scolaire qu’ils rapporteront à la maison, la vie familiale et la sérénité des rapports parents/enfants à l’heure fatiguée des devoirs?

5. Consolidation des connaissances et préparation au secondaire

La sixième année joue un rôle crucial dans la consolidation des connaissances et des compétences acquises au cours du primaire. Le temps d’apprentissage compressé aura nécessairement un impact sur la consolidation de ces apprentissages, mais également sur la préparation des épreuves ministérielles avant l’entrée au secondaire. Les écoles qui feront le choix de séparer l’année scolaire en deux demi-années (une demi-année pour l’anglais intensif et une demi-année pour les autres matières) imposeront une longue période de « vide pédagogique » à leurs élèves, que ce soit en français/mathématiques/univers social/sciences ou en anglais.Cela pourrait avoir des impacts négatifs sur la préparation aux examens qui closent le primaire.

6. Diminution de la qualité de vie des enfants et du titulaire

Trop souvent, lorsqu’on envisage le programme d’anglais intensif, on regarde la question sous le mauvais angle et on cherche uniquement à savoir si les résultats scolaires seront affectés par le programme d’anglais intensif. Même si une étude rigoureuse montrait qu’il n’y a pas eu d’impact sur les notes dans les autres matières, elle ne pourrait mesurer toutes les notions qui ont dû être coupées pour arriver à voir le programme en accéléré, ni mesurer le bourrage de crâne que les enfants auront dû subir. Elle ne mesurera pas non plus ce qui est essentiel pour conserver la motivation de nos enfants et des enseignants : pouvoir évoluer dans un milieu de vie enrichissant pour tous.

Plusieurs parents misent avant tout sur un milieu de vie agréable et motivant pour leurs enfants et leur titulaire. Ces parents ne désirent pas que leurs enfants apprennent ‘‘au quart de tour’’ en survolant les matières de base. Implanter le programme d’anglais intensif est, pour ces parents, un manque de respect, à la fois pour la tâche de l’enseignant titulaire et pour le milieu d’apprentissage de leurs enfants. Ces parents ne veulent pas que l’on coupe dans l’approfondissement de certaines notions, dans les projets spéciaux et les activités enrichissantes, ni dans la qualité du suivi par l’enseignant. Ces parents se demandent ce qu’il adviendra de la motivation scolaire de leur enfant dans un tel contexte.

7. Le non-respect des différences

Le respect des différences entre les enfants est un élément majeur à considérer dans une école. Aux deux extrémités du continuum, certains enfants éprouvent des difficultés scolaires et ont besoin de services en orthopédagogie, d’autres sont bilingues de naissance. Un programme d’anglais intensif « mur à mur » ne tient pas compte de ces différences. Que feront les enfants bilingues pendant une demi-année? Le programme sera-t-il ajusté et adapté pour eux? Pensons que plusieurs parents d’enfants bilingues ont sciemment choisi l’école francophone, pensant ainsi les préparer au mieux à une vie québécoise réussie, alors qu’ils avaient la possibilité de leur faire fréquenter un milieu scolaire anglophone!  Ces enfants déjà bilingues seront pénalisés inutilement dans leur apprentissage des matières de base.

Quant aux élèves allophones et récemment installés au Québec, couper le temps consacré aux mathématiques, aux sciences, à l’univers social et au français réduit d’autant leur exposition à la langue commune, celle dans laquelle ils cherchent le plus rapidement possible à s’intégrer.

Vouloir que son enfant apprenne l’anglais est certes louable, mais cette volonté ne peut pas empiéter sur les droits et la dignité des autres enfants.

8. Position des enseignantes et des professionnels de l’éducation

La majorité des enseignants du Québec s’opposent à l’implantation du programme d’anglais intensif. Leur jugement et leur point de vue, qui ont fait l’objet de nombreux reportages médiatiques depuis trois ans, devraient être considérés en tout premier lieu dans ce dossier. Hélas! Il semble que le MELS en fasse la plus totale abstraction.

Nos enfants passent 25 heures par semaine avec ces enseignants! Nous leur faisons entièrement confiance, ce faisant. Mais lorsqu’il s’agit de l’anglais intensif, il semble que leur opinion ne revête plus d’importance. Ils sont pourtant les premiers témoins des impacts des réformes scolaires sur le bien-être et sur l’apprentissage de nos enfants. N’est-il pas crucial que ces professionnels dévoués à qui nous confions nos enfants soient d’accord avec les méthodes d’enseignement qu’on leur propose? Que les enseignantes et les enseignants soient entendus par leur direction, par leur commission scolaire, par leur conseil d’établissement et par leur ministère ne constitue qu’un gage minimal du respect qui devrait leur être dû.

9. Cela nous concerne toutes et tous

Que nous ayons des enfants ou non, qu’ils soient d’âge scolaire ou pas, l’anglais intensif en sixième année nous concerne toutes et tous. Car au-delà des considérations cruciales liées à la pédagogie et au bien-être, de manière fondamentale, c’est de culture, de politique et de philosophie dont il est question ici.

L’école est-elle une usine à former des travailleuses et des travailleurs? Doit-elle au contraire centrer l’essentiel de son approche sur l’apprentissage de la vie collective et le développement de la capacité de penser?

Quel rôle l’école doit-elle jouer dans la transmission d’une culture et d’une langue communes? Un peuple peut-il/doit-il renoncer à la langue dont il a hérité lorsque cette langue n’est pas celle qui domine le marché? Quel rôle notre gouvernement peut-il jouer dans la préservation du français et d’une culture générale fondée sur un enseignement solide des mathématiques et des sciences? Doit-il ployer sous les demandes du patronat ou relever la tête et affirmer la dignité de notre patrimoine?

Doit-on transmettre à nos enfants l’idée que rien n’est plus important que le marché et leur capacité future à travailler pour les « entreprises les plus performantes » (whatever that means) et à consommer « à satiété » (si une telle chose est possible)? L’essentiel ne réside-t-il pas plutôt dans la vision que nous leur donnons de parents, d’enseignants et de dirigeants fiers de leur culture et de leur langue et capables de leur accorder une place centrale dans leur système d’éducation?

Au nom de quel principe philosophique fondamental l’enseignement de l’anglais devrait-il avoir préséance sur l’enseignement des autres matières (mathématiques, sciences, sciences sociales et autres langues essentielles à l’ouverture contemporaine sur le monde et à la compréhension de notre propre société, mandarin et arabe notamment) dont la maîtrise a été jugée essentielle à la formation de citoyens complets et ouverts sur le monde depuis plusieurs siècles de culture occidentale?

Autant de questions fondamentales qui sous-tendent le débat au sujet de l’apprentissage de l’anglais.

10. Améliorer l’anglais : oui! Mais pas à n’importe quel prix.

Selon les sondages, la majorité des parents québécois souhaitent améliorer les compétences de leurs enfants en anglais et la majorité d’entre eux sont favorables à l’anglais intensif. Ces parents sont-ils informés des tenants et aboutissants de ce programme? Je pose l’hypothèse que la plupart d’entre eux ne réalisent pas que l’anglais intensif ne peut être réalisé qu’au détriment de l’enseignement des matières de base et du français. Peu d’explications claires du programme ont circulé dans les médias, et nos dirigeants ne se sont certainement pas bousculés pour clarifier la situation.

11. D’autres options

Reste donc la question : quelle est la meilleure façon d’améliorer les compétences en anglais de nos enfants, tout en conservant un enseignement de qualité dans les autres matières, en respectant le rythme d’apprentissage des enfants et en honorant la tâche de l’enseignant titulaire? Voici quelques pistes, adaptables selon les situations de chaque école :

  • Améliorer la qualité des cours d’anglais du primaire en maintenant un fil conducteur d’une année à l’autre grâce à un programme standardisé d’enseignement de l’anglais au primaire soutenu par une vision globale de l’évolution de l’apprentissage;
  • augmenter (graduellement) le nombre et la durée des cours d’anglais pendant toute la durée du primaire, depuis la première année. Pour ce faire, des ajustements quant à la description de tâche des enseignants titulaires seront toutefois nécessaires. Il faudrait notamment que cette augmentation ne pénalise pas les enseignants titulaires, qui devraient pouvoir utiliser les périodes consacrées à l’anglais pour préparer leurs cours;
  • considérer une solution qui a été proposée à l’école que fréquentent/ont fréquenté mes enfants : l’anglais « condensé ». Ce concept permet de fusionner les heures consacrées à l’anglais en blocs de deux ou trois heures consécutives. Ceci favorise l’apprentissage sans hypothéquer l’enseignement dans les matières de base.
  • anglais intensif II

12. La fameuse étude « du Lac-Saint-Jean »

Les médias et le MELS ont recouru aux résultats d’une étude menée dans la commission scolaire du Lac-Saint-Jean pour valider la pertinence de l’implantation de l’anglais intensif. Or, plusieurs professeurs, chercheurs et groupements syndicaux ont émis de sérieuses critiques à propos de la méthodologie utilisée lors de cette enquête. Des acteurs du milieu qui ont été touchés par le programme ont notamment fait état d’un « survol » et d’une fragilisation des matières de base (français, mathématique, univeres social et sciences) et de péril pour les élèves en difficulté.

Voir, notamment, ce document : Réalité_du_lac_St-jean.

13. Une précision

En terminant, une précision. J’ai eu l’occasion à maintes reprises d’expliquer à quel point l’engagement social est important à mes yeux. Mère au foyer pendant longtemps, je continue de ne travailler que peu afin de participer à la vie de ma communauté de la façon la mieux adaptée à mes capacités. Dans le dossier de l’anglais intensif comme dans toutes les autres causes dans lesquelles je me suis engagée ces dernières années, on accuse rapidement les citoyennes et les citoyens de ne militer que pour leurs « petits intérêts » et on les taxe d’égocentrisme. Je précise donc qu’étant donné que mon fils cadet  entame sa sixième année en septembre prochain, je n’ai plus d’enfants que l’anglais intensif soit susceptible d’affecter. Mes trois enfants, de toute façon, ont tous réussi à l’école sans difficulté. Je pense qu’ils n’auraient pas subi d’inconvénients majeurs sous ce régime.

Cela peut sembler difficile à croire, à notre époque et dans notre société, mais c’est d’abord et avant tout pour nous toutes et tous, pour l’ensemble de ma communauté, que je passe des heures à m’informer, à écrire et à participer à des réunions de conseil d’établissement et de conseils de quartier.

Je sais qu’il en va de même pour plusieurs autres femmes et hommes merveilleux qui ont à coeur de faire advenir une société plus juste, plus humaine et recentrée sur la dignité.

14. Positions syndicales et citoyennes

Position des Citoyens pour un moratoire sur l’anglais intensif au primaire.

Position de la FSE (CSQ)

Positions de la FAE et de la FSE (CSQ).

Position très documentée du SERQ (CSQ).

Position de l’AGEEFEUS.

15. Revue de presse de la position des enseignants et des spécialisates en éducation

2014 : le retour de l’anglais intensif obligatoire

Éviter le mur-à-mur.

2013 : l’anglais intensif optionnel

Anglais intensif au primaire : réaction pour et contre.

2012 : L’anglais intensif obligatoire pour 2017

Anglais intensif : des professeurs désertent les classes de sixième année.

Anglais intensif dans les écoles.

Enseignement intensif de l’anglais au primaire : un beau mirage pour les parents.

L’opposition à l’anglais intensif s’amplifie.

Anglais intensif : inquiétudes et mécontentement.

Anglais de malheur.

L’anglais intensif en sixième année : de nombreux écueils.

Avec la collaboration de Lucie Lavigueur et Elisabeth Zanga Leanza.

 

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