50 phénomènes sociaux à combattre

par Annie Cloutier

1-Le néolibéralisme.

2-La double tâche, le double salaire, l’idée que nous ne pouvons ni subvenir à nos besoins ni « réussir » ni être libres si nous ne travaillons pas à temps plein contre rémunération, toutes et tous autant que nous sommes, tout le temps.

3-Le culte de l’apparence et de la minceur.

4-La peur de « faire de la peine » à nos parents et à nos grands-parents si nous ne nous marions pas à l’église et si nous ne faisons pas baptiser nos enfants.

5-Les « jokes » de fellation, de viol, de putes et de grosses crisses de salopes.

6-Le peu d’attention accordée à la parole publique des femmes.

7-La pauvreté.

8-La domination des hommes dans la politique, l’économie et les médias.

9-Les rapprochements fallacieux qui titillent nos peurs et nos émotions, qui font des statuts facebook attirants, qui attirent l’attention des médias et qui confortent nos préjugés, mais qui entretiennent la confusion et qui n’expliquent rien. Exemple : la lettre des « janettes ».

10-La publicité partout, à toute heure du jour et de la nuit.

11-L’obligation pour les femmes d’être agréables, bien mises, polies, modestes, serviables, réservées et de ne pas déranger.

12-La difficulté québécoise à débattre d’idées sans blesser et nous sentir blessés.

13-Le gaspillage alimentaire.

14-L’hypersexualisation des enfants et des adolescents.

15-La mauvaise rémunération de plusieurs professions à forte représentation féminine.

16-La convergence, le rythme effréné et la tendance à la vacuité des médias.

17-Le crucifix à l’Assemblée nationale.

18-Le culte de la vitesse, de la grosse job, de la performance et de la pression.

19-La prostitution. L’impression que, veut, veut pas, c’est un service auquel les hommes ont droit. Qu’ils en ont « besoin ».

20-L’obsession du pouvoir d’achat, du PIB et de la consommation.

21-La violence au hockey.

22-La corruption et la collusion.

23-La négligence des agnostiques et des athées face à l’apostasie. Il faut que plus de non-croyants fassent l’effort de se désinscrire des religions institutionnalisées. Ça affaiblit le pouvoir des Églises. C’est important.

24-La misogynie de certains animateurs de radio.

25-L’obsolescence programmée.

26-Les écoles privées confessionnelles subventionnées.

27-La « burqa de chair » selon l’expression de l’écrivaine québécoise Nelly Arcan.

28-La peur de critiquer les religions.

29-Notre confort et notre indifférence.

30-Notre ignorance du sort des femmes autochtones.

31-Le féminisme de type « on veut leur bien et on va l’avoir » qui cherche à imposer aux femmes des façons d’être et de se comporter.

32-Le fanatisme religieux.

33-Le sexisme ahurissant de la langue française.

34-La dévalorisation du don de soi, de la gratuité, de l’entraide et des liens familiaux.

35-Les candidats à la mairie qui pensent qu’il n’y a pas encore assez d’autos en ville et que les voies réservées sur les autoroutes, c’est con.

36-Le suremballage, les surdéplacements, les maisons-monstres et la surconsommation.

37-L’hypermaternité. Les normes de performance démesurées qu’on impose aux mères… et qu’elles s’imposent.

38-La violence conjugale.

39-Le discrédit évident, automatique et cynique que nous opposons aux personnes, aux organisations et aux partis politiques qui tentent de faire les choses autrement.

40-Notre apathie face aux lobbys fondamentalistes chrétiens à Washington et à Ottawa.

41-Les cours d’éthique et de culture religieuse au primaire.

42-Buzzfeed. L’importance démesurée que la sottise est en train de prendre dans notre quotidien.

43-La sous-représentation des femmes dans les plans de cours des cégeps et des universités. Condescendre à évoquer Hannah Arendt, Virginia Woolf, Olympe de Gouges et Louise Arbour pour faire bonne mesure : ce n’est pas suffisant.

44-Les débats publics à visée électoraliste qu’on fait peut-être exprès de laisser s’enliser.

45-Le ganster rap, Miley Cyrus, la pornographie.

46-La rhinoplastie, les implants mammaires, la lipoaspiration, la mastopexie.

47-L’impression dépressive et apeurée que nous ne pouvons rien faire face aux changements climatiques, que la moindre mesure environnementale peut anéantir l’économie.

48-Les congés fiscaux accordés aux communautés religieuses.

49-Notre division au sujet de la Charte et du port du voile.

50-La peur irraisonnée de la religion. Les femmes voilées ne sont pas plus susceptibles que les autres d’être folles ou de laisser mourir leurs patientes. Diffuser de telles sornettes constitue, hélas, un acte d’islamophobie.

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Ma position argumentée au sujet de la laïcité de l’État se trouve ici.

Pour une explication claire et simple de la démarche et un formulaire d’apostasie à remplir en moins de cinq minutes, c’est ici.

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